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TOI, SUIS-MOI !

LE MOT DU PASTEUR - FÉVRIER 2026

fevrier

Après avoir ainsi parlé, il lui dit : « Suis-moi »
Jean 21.19


« Suis-moi », ces deux mots sont la dernière parole que le Seigneur a laissé à Pierre lors de sa 3ème apparition après sa résurrection.

C’était à l’aube du jour, au lac de Tibériade. Pierre, plongé dans un grand chagrin causé par la perte de son maître, vient d’abandonner sa vie de disciples pour reprendre son ancien métier avec plusieurs de ses copains. Ils ont travaillé toute la nuit en vain. Le matin venu, sur le rivage, le Seigneur ressuscité se tint là !

Sa visite change radicalement la situation : une pêche miraculeuse ! La situation de « rien ne va » est transformée en « abondance ». Ensuite se tient le petit déjeuner convivial au rivage suivi du dialogue intime entre Jésus et Pierre : 3 fois la question « Simon, fils de Jonah, m’aimes-tu ? » et 3 fois la réponse « Seigneur, tu sais que je t’aime ! ». Après la confession d’amour de Pierre, Jésus donne une recommandation : « Prends soin de mes brebis ! » Et il le répète aussi 3 fois. Quelle récompense merveilleuse pour un homme qui a renié 3 fois ! Le dialogue se termine par cette formule « Suis-moi » On peut même dire que tout le chapitre, et même tout l’évangile, s’achève par ces 2 mots : « Suis-moi »

Ce commandement « suis-moi ! », Pierre l’a déjà reçu. C’était 3 ans en arrière, lors de leur 1ère rencontre. C’était aussi au lac de Galilée. C’était aussi après une nuit pénible de travail en vain. Ce jour-là aussi Jésus lui avait lancé un défi : « Avance en eau profonde, et jette ton filet » Malgré le travail de toute une nuit en vain, Pierre a choisi la confiance, et il jeta le filet. Et là, l’étonnement ! La pêche miraculeuse ! Jésus lui dit « Suis-moi et je ferai de toi un pêcheur d’hommes ». Pierre abandonne ses filets, sa barque et suit Jésus.

Entre les deux appels, il y a 3 ans de vie de disciple. Il y a des hauts et des bas. Le plus haut en tant que disciple se trouvait au moment où il a confessé cette parole : « Tu es le Christ, fils du Dieu vivant ! » Et le plus bas, le plus humiliant se trouvait au moment où il a prononcé 3 fois cette parole : « Je ne le connais pas ». Tout le long de son parcours, tantôt il était au sommet, tantôt il a abandonné « sa vie de disciple » Mais il y avait une chose qui n’a jamais changé, c’est la même grâce du Seigneur qui l’appelle encore : « Suis-moi ».

Ici, on n’entend pas la réponse de Pierre. Il n’ose sans doute pas. Peut-être n’ose-t-il même pas entendre l’appel :
« Oh Maître, je ne suis pas digne de cet appel. N’as-tu pas peur que je te renie de nouveau ? Comment peux-tu avoir une telle confiance en moi ? » Si Pierre n’a pas répondu par des mots on sait qu’il a répondu par sa vie et par sa mort sur la croix. Selon la tradition, il a été crucifié et il a demandé à être crucifié la tête en bas parce qu’il ne se sentait pas digne de mourir de la même manière que son maître.

C’est à nous aussi que cet appel, « suis-moi » est adressé. Il veut que notre amour pour lui se traduise par notre marche à sa suite et notre engagement à être son témoin. Certes, nous sommes capables d’être un Pierre qui, à un moment donné, saisi par la peur, dans sa faiblesse, a renié son maître. Car nous ne sommes pas plus que Pierre. Mais nous sommes aussi capables de devenir ou redevenir le Pierre qui, par la grâce du Seigneur, a été libéré du poids de ses erreurs du passé et qui, habité par l’amour pour son maître, acceptera de prendre soin de ses agneaux et de le suivre.

Si nous pouvons faire ça c’est parce que nous pouvons compter sur sa grâce qui ne change point ! Le Seigneur nous connaît mieux que nous-mêmes. Il ne cherche pas un homme parfait. Il ne se fait pas une image idéale de nous quand il nous appelle. Il connaît parfaitement nos faiblesses et les évènements de notre histoire y compris nos reniements.

Pourtant il nous appelle. Quelle grâce ! Disons « oui » à son appel et suivons-le fidèlement ! Ces 2 mots de Jésus, « suis-moi » sont l’une des belles définitions de la vie chrétienne.

La vie chrétienne, c’est la marche à la suite de Christ comme l’a dit, Dietrich Bonhoeffer : « Suivre Jésus au beau milieu du monde ».

Byeong-Koan Lee, pasteur